Francis Moulinat

professeur d’histoire de l’art

Professeur d’histoire de l’art aux Ateliers Beaux-Arts de la ville de Paris, j’y ai rencontré Bernadette Coupechoux, membre de l’association Lire C’est Vivre et animatrice d’un cercle de lecture à la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Elle m’a sollicité pour y proposer des conférences d’art. Elle m’a laissé du temps pour réfléchir et, quand nous nous sommes revus pour en discuter, j’ai accepté. C’était il y presque deux ans. Nous avons réfléchi au contenu de mes interventions et la mythologie grecque lui a semblé la matière la plus appropriée puisque cela correspondait à son projet pour le cercle du D3.
Je l’ai invitée à assister aux cours que je donnais alors à Montparnasse, consacrés au dieu Dionysos, afin qu’elle se fasse une idée de la façon dont je procédais. Je raconte d’abord le mythe, en souligne certains aspects et explique les significations, puis j’en déroule, si l’on peut dire, l’iconographie de l’Antiquité à nos jours. En septembre 2018, Christine Georges, la seconde animatrice du cercle, a rejoint mon cours. Nous nous sommes concertés pour trouver un « sujet ». L’histoire de Persée nous a paru idéale pour ma première intervention en février. Il incarne ce que doit être un héros : courage, noblesse, valeur et enfin
sagesse – à la fin de sa quête, il renonce aux pouvoirs dangereux des objets qui lui ont permis d’entrer en possession de la tête de Méduse, de sauver Andromède et de se venger de ses ennemis. Ma seconde proposition en découle. Elle m’est venue alors que j’écrivais mon texte sur Persée. Après le héros-modèle, il me paraissait intéressant de présenter son anti-modèle, Pâris-Alexandre, le prince qui, en enlevant Hélène, déclencha la Guerre de Troie.

L’histoire de l’art et la mythologie sont des matières érudites et complexes au vocabulaire technique et sophistiqué. Il fallait les rendre accessibles, intéressantes, simples, mais certainement pas simplistes. De cela aussi, nous avons beaucoup discuté, de la part du récit et de la part des images, qui devait être plus grande. Je passerai sur l’aspect logistique qui a rendu possible mon intervention à Fleury-Mérogis. L’action de Lire C’est Vivre a été essentielle pour aplanir toutes les difficultés qui auraient pu se présenter. En revanche, je ne cacherai pas que je n’avais pas d’appréhension, pour la simple et bonne raison que je
ne savais pas à quoi m’attendre. De plus, rien n’est jamais gagné d’avance quand on rencontre un nouveau public. Ce que j’ai trouvé sur place, c’est d’abord une équipe de bibliothécaires motivés et unis, qui ont fait en sorte que tout se déroule pour le mieux et fonctionne, y compris la projection des images. Parvenu à la bibliothèque du D3, le public à qui je m’adressais s’est révélé attentif, intéressé aussi bien à l’histoire de Persée qu’à son iconographie, de l’art grec à l’art moderne. Les questions que les participants m’ont posées étaient pertinentes et intelligentes. Il m’a semblé que l’expérience avait été profitable à tout le monde.